
La qualification apporte la preuve documentée que les installations, les systèmes et les équipements sont adaptés à leur usage prévu. Le modèle est établi et décrit dans l'Annexe 15 des BPF de l'UE. Ce n'est pourtant pas le modèle qui décide, mais l'exécution : contre quoi l'on teste, à quelle profondeur, et ce qu'il advient des déviations.
Chaque étape vérifie celle qui précède, et l'ensemble se mesure à l'URS. C'est précisément cette chaîne qu'un auditeur examine : chaque exigence est-elle traçable jusqu'au test qui l'atteste, puis jusqu'au résultat qui le clôt ? Une matrice de traçabilité n'est pas un formalisme, c'est l'outil qui rend l'exhaustivité démontrable.
La profondeur de test est une décision fondée sur le risque, pas un exercice de zèle.
L'Annexe 15 exige une approche fondée sur le risque, l'ICH Q9 en fournit la méthode. L'effort doit porter là où une défaillance atteint le produit ou le patient : paramètres de procédé critiques, surfaces en contact avec le produit, utilités et flux de données. Les composants standard sans contact produit n'exigent pas de campagne de tests dédiée. Là où le fournisseur a déjà testé de manière solide, en FAT ou en SAT, les résultats peuvent être intégrés selon l'Annexe 15 plutôt que répétés sur site. L'essentiel est que la justification soit documentée, pas que l'on ait économisé.
Les schémas se répètent : une URS qui contient des souhaits au lieu d'exigences vérifiables. Des tests sans critère d'acceptation, dont personne ne peut dire quand ils sont réussis. Des déviations relevées, mais ni évaluées ni clôturées. Et des protocoles rédigés après l'exécution. Aucun de ces points n'est un problème technique, tous les quatre sont des questions de pilotage.
L'état qualifié n'est pas un certificat, c'est un état qu'il faut maintenir. Les modifications passent par le change control, des revues périodiques vérifient si les hypothèses tiennent toujours, et la requalification suit le risque, pas le calendrier. Une installation qualifiée mais non surveillée en exploitation est attaquable au prochain audit.
Abdel R. Majadi, fondateur et Engineering Lead de Vispact GmbH : plus de dix ans d'expérience dans l'exploitation GMP en salle blanche, axé sur la qualification selon l'Annexe 15, la CSV selon GAMP 5 et l'intégrité des données selon ALCOA+.
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