
Aucune autre matière première n'est utilisée aussi fréquemment ni surveillée aussi étroitement dans la fabrication de médicaments que l'eau. L'eau purifiée (PW) et l'eau pour préparations injectables (WFI) interviennent dans presque tous les procédés, du nettoyage à la formulation. La réglementation examine donc de près la qualification d'un système d'eau, car un défaut de l'eau touche l'ensemble de la production.
Les exigences relatives à la qualité de l'eau figurent dans les monographies de la Pharmacopée européenne (Ph. Eur.), par exemple pour l'eau purifiée et l'eau pour préparations injectables. Sont notamment surveillés la conductivité et le carbone organique total (COT) ainsi que des limites microbiologiques ; pour le WFI s'ajoutent des limites strictes en endotoxines. La différence essentielle réside dans cette pureté microbiologique et endotoxinique : le WFI est la qualité d'eau la plus exigeante et sert à la fabrication des préparations parentérales.
Depuis 2017, la Ph. Eur. autorise également la production de WFI sans distillation, à condition qu'un procédé équivalent tel que l'osmose inverse soit mis en œuvre dans une combinaison appropriée et surveillé en conséquence. Cette ouverture a modifié le paysage des installations sans abaisser les exigences de qualité. Quiconque opte pour une production membranaire assume en contrepartie une responsabilité accrue en matière de surveillance continue, car la sécurité thermique de la distillation disparaît.
Un système d'eau ne se limite pas à sa production. Le stockage et la distribution sont particulièrement critiques, car c'est là que se forment le biofilm et la contamination microbienne. Des principes de conception éprouvés traitent le problème à la racine :
Quiconque ignore ces principes lors de la conception se battra ensuite en permanence, en exploitation, contre des résultats microbiologiques et des phénomènes de rouging naissants.
La qualification des performances de l'eau pharmaceutique suit une approche établie en trois phases, telle que décrite notamment par l'OMS :
Un système d'eau ne prouve pas sa fiabilité en quelques semaines, mais sur une année entière.
Une fois la phase 3 réussie, un système d'eau est qualifié, mais pas achevé. Une surveillance continue, avec suivi de tendance de la conductivité, du COT et des dénombrements microbiens, permet de détecter tôt une contamination progressive, souvent avant qu'une limite ne soit atteinte. Un échantillonnage représentatif aux points d'usage réels (Point of Use) est tout aussi important. Les cycles de sanitisation, les limites d'alerte et d'action ainsi que l'évaluation régulière des tendances maintiennent l'état qualifié pendant des années.
Un système d'eau bien conçu et proprement qualifié reste discret pendant des années, et c'est précisément l'objectif. Vispact accompagne la conception, la qualification et la surveillance des systèmes PW et WFI avec le regard de l'ingénierie d'exploitation opérationnelle, qui connaît l'installation en exploitation GMP courante.
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